« À défaut de donner un sens à la pandémie, sachons en tirer les leçons pour l'avenir ». Comme le rappelle ainsi le philosophe et sociologue Edgar Morin dans son dernier ouvrage paru en juin 2020, la crise sanitaire apporte un nouvel éclairage sur la biodiversité en milieu urbain. Il apparait en effet vital de repenser la place de la nature pour imaginer une ville plus verte, voire biomimétique, et de replacer l’homme au cœur de son écosystème. Pour aborder ces sujets fondamentaux, Thierry Laroue-Pont, Chairman & Chief Executive Officer de BNP Paribas Real Estate, était l’invité en juin dernier d’une conférence en compagnie d’autres experts du secteur et rappelait la nécessité absolue de voir la vi(ll)e en vert.

La nature : un besoin fondamental, exacerbé par les confinements successifs

 

En mars 2020, face à l’irruption de la pandémie de Covid-19, près de 4 milliards de personnes dans le monde étaient appelées à se confiner pendant de longues semaines. Bouleversant profondément nos modes de vie, la crise sanitaire a révélé le besoin fondamental d’être connecté à la nature en particulier pour les citadins. Thierry Pacot (philosophe, urbaniste) se souvient d’ailleurs que les parcs, les jardins, les bords des fleuves ont été littéralement pris d’assaut à l’issue du premier confinement. Si l’on ne pourra véritablement analyser les conséquences de cette crise sur la prise de conscience environnementale que d’ici 2 ou 3 ans, il apparait clairement que les évènements de 2020 ont fait surgir un nouveau rapport à la nature dans les préoccupations de santé et de bien-être. De même, la pandémie a également souligné combien le sentiment de liberté est lié au contact avec l’extérieur, avec la faune ou avec la flore.

Pour Marianne Louis (directrice générale de l'Union sociale pour l'habitat), même si une partie des occupants des logements sociaux a pu profiter d’espaces extérieurs privatifs (balcons, terrasses, jardinets…), le fait de ne pas pouvoir accéder à des lieux publics paysagés a également privé les citadins de rencontres et d’interactions sociales. Ces enseignements mettent en évidence que les enjeux de la convivialité et du vivre ensemble se jouent aussi à l’échelle de l’immeuble : un espace partagé au sein d’une résidence permet de renouer avec la nature et de créer du lien social.

Aussi, les nouveaux logements sociaux intègrent désormais une offre diversifiée en matière de lieux paysagés, qu’il s’agisse de jardins partagés, de terrasses plantées ou de balcons privatifs. Ces projets immobiliers font ainsi appel à des équipes agrégeant les savoir-faire des collectivités locales, de paysagistes, d’urbanistes et d’architectes. Les bailleurs sociaux engagent également des initiatives concernant l’agriculture urbaine qui, si elles n’ont pas vocation à nourrir des quartiers entiers, permettent cependant de recréer du lien avec le vivant. Certains projets engagent d’ailleurs de nouvelles idées concernant par exemple l’exploitation innovante des sous-sols pour y installer des champignonnières et ainsi produire localement et en circuit-court.

Réconcilier biodiversité, immobilier et urbanité

S’il est encore trop tôt pour tirer toutes les conséquences de cette crise sanitaire, on sait en revanche qu’elle accélère de grandes tendances déjà présentes avant la pandémie de Covid-19 et notamment, celle d’intégrer de façon systématique la nature à la fabrique urbaine. Il y a quelques années déjà le secteur de l’immobilier s’appuyait sur des modèles pour construire de manière plus respectueuse de l’environnement. On pense par exemple aux labellisations BiodiverCity, à l’intégration d’ilots plantés ou rooftops accessibles. En période post-Covid, ces considérations, ces solutions techniques et ces équipements doivent faire systématiquement et impérativement l’objet d’un volet exigeant pour toutes les opérations urbaines et immobilières.

Il faut parallèlement changer le rapport au foncier : même s’ils ne sont pas construits, un square, un ilot de verdure ou des jardins partagés représentent une réelle valeur ajoutée en matière de qualité de vie en ville. En clair, on doit réconcilier le bâti avec la biodiversité. Et c’est déjà le cas depuis plusieurs années pour BNP Paribas Real Estate qui accueille notamment un potager de 600 m² sur le toit de ses locaux actuels à Issy-Les-Moulineaux (distingué d’ailleurs par le label Biodivercity Life). Pour Thierry Laroue-Pont, cette première expérimentation a joué le rôle d’une « start-up nature à laquelle nous avons également intégré des ruches, ce qui, à l’époque, était réellement précurseur ». Pour Métal 57 (Label BiodiverCity Construction) le futur siège social du groupe actuellement en construction à Boulogne, les 600 m² deviennent 3 600 m² de rooftop planté, intégrant également des ateliers pédagogiques. A travers ce projet, comme le souligne Thierry Laroue-Pont, BNP Paribas Real Estate va « bien au-delà d’une simple opération de communication car la biodiversité est un vecteur extraordinaire de valeur pour l’entreprise, pour nos partenaires et auprès des investisseurs ». 

A ce titre, BNP Paribas Real Estate a d’ailleurs réalisé durant l’année 2020 en partenariat avec l’Ifop une étude qui confirme ce besoin de verdure : « Les espaces extérieurs (jardins, terrasses, balcons…) sont très nettement en tête des critères auxquels les Français accordent désormais plus d’importance (81%) » précise Thierry Laroue-Pont.

Ainsi, les actifs de bureaux sont donc profondément et durablement impactés par la crise sanitaire à la fois dans leur manière d’implémenter davantage de biodiversité mais aussi dans leur usage même.

L’évolution de la demande placée représente une formidable opportunité de proposer à nos investisseurs, à nos utilisateurs et à nos acheteurs privés des usages mixtes avec des immeubles comprenant un socle actif au rez-de-chaussée, des hubs de mobilité, des commerces de proximité, une hybridation des logements - en accession, en coliving -, des bureaux et bien sûr de larges terrasses ou des rooftops 

Photo Thierry Laroue-Pont
Thierry Laroue-Pont
Chairman & Chief Executive Officer BNP Paribas Real Estate

 Ces nouvelles manières de concevoir l’immobilier doivent s’appuyer sur le concept d’espaces « capables » c’est-à-dire adaptables, flexibles et réversibles.

 

Concrètement, et afin de répondre au mieux à ce nouveau paradigme, BNP Paribas Real Estate a donc logiquement fusionné ses branches promotion immobilier d’entreprise, résidentielle et grands projets. D’autre part, les nouvelles VEFA en immobilier résidentiel, intègrent désormais des packs télétravail, le WIFI, des toits-terrasses accessibles et partagés ainsi que des systèmes de cloisons amovibles permettant une modularité totale des espaces de vie selon les besoins de chacun à l’instant T.

 

Ainsi, le volet paysager doit aujourd’hui trouver une place centrale au cœur des tous les projets immobiliers : « De la même manière qu’on intègre des architectes, des sociologues, des philosophes, des chercheurs dans les projets urbains, on doit aujourd’hui systématiquement intégrer des paysagistes et des professionnels des espaces verts à tous nos programmes immobiliers » conclut Thierry Laroue-Pont.

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