La biodiversité est avec le changement climatique un des principaux enjeux environnementaux auquel nous devons faire face. L’érosion du vivant n’a jamais été aussi alarmante : l’extinction des espèces se fait à un rythme sans précédent selon la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Que cela soit la production de ressources alimentaires et non alimentaires, la régulation du climat, de l’eau, de l’érosion, les aménités de loisirs, d’esthétisme et de spiritualité liées au vivant ainsi que les services support des précédents sont le résultat d’équilibres complexes mais fragiles dont certains ne sauraient être résilients face à l’ampleur des perturbations actuelles imputables aux activités humaines. Ce qui est paradoxal car nous, partie intégrante du vivant, dépendons pour notre vie quotidienne et l’ensemble de nos activités économiques de ces services écosystémiques et de la biodiversité qui les porte.

Alors que près de 70 % de l’Humanité vivra en ville en 2050, la nature se pare de vertus oubliées ou ignorées rendant la ville plus résiliente, plus vivable et plus agréable : réduction des îlots de chaleur urbains, meilleure qualité de l’air, lien social dans les espaces verts, réduction de l’anxiété, productivité, etc. La nature est en effet indissociable du bien-être et de l’épanouissement des citoyens. C’est aujourd’hui une attente de plus en plus forte des urbains.

Fortement impactant, le bâtiment fait partie des 4 filières prioritaires du Plan National de la Biodiversité appelées à réduire significativement leur empreinte biodiversité. L’ensemble de la chaîne de valeur immobilière est directement concerné par les enjeux de la biodiversité.

Préserver la biodiversité revient tout d’abord à la sauvegarde de nos ressources. Pour cela limiter l’étalement urbain, la reconversion du foncier agricole, la destruction ainsi que la fragmentation et l’artificialisation des sols qui représentent la première cause du recul de la biodiversité.

D’ailleurs, si la ville peut paraître aujourd’hui parfois en déficit de nature elle n’est pas si pauvre de vivant pour autant. Les parcs et jardins abritent des milliers d’espèces. Durant cette période de confinement, on a pu observer et entendre l’existence et le retour de nombreuses espèces animales. Ce que nous devons aujourd’hui chercher à faire c’est de recréer des réceptacles prêts à accueillir le vivant en ville. Partout dans le monde, de plus en plus de métropoles inscrivent la biodiversité au cœur de leurs politiques d’aménagement et de qualité de vie.

Acteurs de l’immobilier, nous avons tous un rôle à jouer pour contribuer au développement de la nature, notamment en milieu urbain. Il convient dès la phase de conception, de s’efforcer d’inscrire les projets immobiliers en cohérence avec la biodiversité locale afin d’atténuer leur impact sur l’environnement naturel et humain. Les immeubles peuvent être de véritables relais et supports du vivant : parcs, jardins et sols fonctionnels sur le plan écologique, bâtiments végétalisés, habitats pour les espèces, production alimentaire avec l’agriculture urbaine, etc.

C’est grâce la mobilisation de nos clients et partenaires - architectes, paysagistes, écologues, bureaux d’études – à formation et la sensibilisation de nos collaborateurs que nous pourrons rendre les immeubles, qu’ils soient en développement ou existants, plus « vivants » et la ville plus désirable.

Tribune signée

Catherine Papillon, Directrice Développement Durable et RSE de BNP Paribas Real Estate

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